Fraude bancaire : votre banque a refusé de vous rembourser ? Voici vos droits

Publié le 10/05/2026

Fraude bancaire : votre banque a refusé de vous rembourser ? Voici vos droits

Vous regardez votre compte, et là, un débit que vous ne reconnaissez pas. 89€ chez un commerçant dont vous n'avez jamais entendu parler. Ou 450€ retirés à un distributeur à 200 km de chez vous. La première réaction, c'est la panique. La deuxième, ce devrait être : « je connais mes droits ».

La règle d'or que beaucoup ignorent

L'article L133-18 du Code monétaire et financier est clair : en cas d'opération non autorisée, votre banque doit vous rembourser immédiatement, et au plus tard le jour ouvré suivant votre signalement.

« Immédiatement ». Pas « après enquête ». Pas « si on retrouve le coupable ». Immédiatement.

Ensuite, si la banque estime que vous avez commis une « négligence grave », elle peut redébiter. Mais c'est à elle de prouver la négligence. Pas à vous de prouver votre bonne foi.

La procédure dans l'ordre, sans perdre de temps

  1. Faites opposition sur votre carte bancaire dans les minutes qui suivent. Numéro à l'arrière de la carte ou via l'appli de votre banque. Notez l'heure, c'est important.
  2. Contestez l'opération par écrit. Email ou messagerie de l'appli, peu importe, mais à l'écrit. Pas par téléphone. Vous devez avoir une trace datée.
  3. Déposez plainte dans les jours qui suivent. Pour une fraude en ligne, allez sur Thesee (service-public.fr/particuliers/vosdroits/N31138). Pour un retrait physique frauduleux ou un montant élevé, allez au commissariat. Vous recevez un récépissé : c'est votre preuve.
  4. Envoyez le récépissé à votre banque en lettre recommandée avec accusé de réception, en redemandant le remboursement.

Vous avez 13 mois à partir du débit pour contester (8 semaines si c'est un prélèvement SEPA). Au-delà, c'est forclos.

Les motifs que la banque va vous opposer (et comment répondre)

« Vous avez donné votre code » : si c'est par phishing (faux email, faux SMS, faux conseiller), ça n'est pas automatiquement une négligence grave. La Cour de cassation l'a rappelé plusieurs fois (notamment l'arrêt du 12 novembre 2020). La banque doit prouver que les faux étaient « grossiers ».

« Vous avez validé le 3D Secure » : pareil. Si on vous a manipulé téléphoniquement pour vous faire valider une opération, c'est un cas de plus en plus reconnu (« spoofing »). La banque doit examiner les circonstances.

« Vous n'avez pas signalé assez vite » : la loi vous donne 13 mois. Tant que vous êtes dans ce délai, vous êtes dans vos droits.

Si la banque refuse quand même

Ne lâchez pas. Étapes suivantes :

  1. Service réclamation de la banque par lettre recommandée. Délai légal de réponse : 15 jours, 2 mois maximum.
  2. Médiateur bancaire (gratuit, indépendant). Coordonnées sur le site de votre banque ou sur le site de la Fédération Bancaire Française.
  3. ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel) si la banque ne respecte pas la procédure.
  4. Tribunal judiciaire en dernier recours. Pour les montants importants, une association de consommateurs (UFC-Que Choisir, CLCV) peut vous accompagner gratuitement ou à coût réduit.

Le truc que personne ne vous dit

Plus vous êtes factuel et précis, plus vous obtenez gain de cause. Évitez les « ils m'ont volé », privilégiez « le 14 mai à 18h32, un débit de 145,99€ a été effectué chez le commerçant X que je ne connais pas, je n'ai jamais autorisé cette transaction, voici le numéro de récépissé de ma plainte ».

Et bien sûr, ne donnez plus jamais de code par téléphone, même si la personne semble être votre vraie conseillère. L'arnaque au faux conseiller bancaire est aujourd'hui l'une des plus efficaces.

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